Magasin Polonais La petite Pologne: Les endroits Polonais à Paris

Les endroits polonais à Paris

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Paris regorge d'endroits liès à la Pologne, même si la majorité d'entre eux sont très discrets et souvent inconnus du grand public. Ce petit guide a pour objet de vous faire découvrir certains de ces endroits, même s'il en existe certainement beaucoup d'autres que nous avons oubliés.


Le centre de Paris



C'est dans le centre de Paris qu'il y a le plus de traces polonaises, dans les quartiers situés autour de l'île Saint-Louis et de l'île de la Cité. C'est dans le Quartier Latin, au numéro 63 de la rue de Seine dans le IVème arrondissement que vécut Adam Mickiewicz et c'est ici qu'il écrivit le Pan Tadeusz, son grand chef d'oeuvre. Aujourd'hui on peut voir une plaque commémorative bilingue sur la façade de la maison où il habitait lors de sa publication en 1834.
Chose rare, la Ville de Paris a également eu la bonne idée d'y mettre une borne "Histoire de Paris" y relatant sa vie.

Non loin de là, sur l'île Saint-Louis, se trouve la Bibliothèque polonaise, qui abrite environ 200 000 volumes, ce qui en fait une des collections les plus importantes de livres polonais à l'étranger. Ce haut lieu de la vie intelectuelle polonaise abrite en outre 3 musées.
La bibliothèque compte dans ses collections également de nombreux manuscrits, beaucoup d'écrivains polonais comme Norwid ou Mickiewicz ayant été obligés de s'expatrier en France au 19ème siècle. Ainsi, pendant très longtemps on pouvait y voire le manuscrit original du "Pan Tadeusz" de Mickiewicz, jusqu'à ce qu'il soit racheté par la Bibliothèque Nationale à Varsovie.

A environ 15 minutes à pied de la Bibliothèque, sur l'île de la Cité, près du Palais de Justice et de la Sainte-Chapelle, au croisement du Bd du Palais et du Quai de l'Horloge se trouve une horloge unique en son genre.
Après la mort de Zygmunt II August en 1572, dernier roi de la dynastie des Jagiellon, le Royaume de Pologne devint une monarchie élective. Un des candidats à la couronne polonaise était Henri de Valois, celui qui organisa à Paris la nuit de Saint-Barthélémy. La noblesse polonaise était résolumment contre cette candidature venant "d'un pays tyrannique et intolérant" sans aucune liberté de religion. Ils étaient tout autant choqués par les moeurs et l'apparence de Henri de Valois, qui "aurait même pu avoir une apparence sérieuse", si n'était son "amour des beaux vêtements qu'il adorait" incrustés de "pierres précieuses et de perles", l'usage immodéré qu'il faisait des parfums ainsi que le fait "qu'il se mettait beaucoup de bijoux dans les deux oreilles". La cours dont il était accompagné composée de "mignons" ne plaisait pas non plus à la noblesse polonaise de l'époque, qui la jugeait trop efféminée. Malgré cela, sur les conseils de certains hommes politiques de l'époque, Henri de Valois fut couronné Roi de Pologne sous le nom de "Henryk Walezy".
Son règne en Pologne dura 6 mois, après quoi il revint en France où il fut couronné et régna pendant 15 ans sous le nom de Henri III, tout en utilisant le titre de "Roi de Pologne" jusqu'à sa mort.
C'est pourquoi cette horlogne, fondée en 1370 et remaniée durant son règne, comporte les deux armoiries côte à côte: à gauche la Fleur de Lys et à droite le blason de l'Union polono-lituanienne. L'horloge est en très mauvaise état, mais en regardant bien, on distingue encore l'Aigle Blanc à côté de la Fleur de Lys.



En continuant à partir du Quai de l'Horloge, en direction de la place de Châtelet, se trouve l'église Saint-Eustache. A l'intérieur se trouve une petite curiosité: la plaque funéraire dédiée à François de Chevert, mort en 1769, lieutenant des armées françaises et même temps Chevalier de l'Ordre de l'Aigle Blanc de Pologne.



Au numéro 123 du Bd Saint Germain des Prés, relativement près de la rue de Seine donc, se trouve l'unique librairie polonaise de Paris, fondée en 1833. En plus de proposer un grand choix de livres, on peut également y trouver de nombreux disques et films dvd, ainsi que des journaux importés de Pologne.

A quelques pas de la librairie, se trouve l'église Saint-Germain des Prés. A l'intérieur se trouve un monument funéraire contenant le coeur du roi Jan II Kazimierz. Elu roi de Pologne en 1648 il abdiqua en 1668 et parti finir sa vie en France comme abbé de Saint-Germain des Prés. Après sa mort en 1672, son corps fût rapatrié en Pologne, où en tant qu'ancien roi de Pologne il eût droit à funérailles nationales et fût enterré au Wawel, mais son coeur est resté dans cette église.


Le XIIIème arrondissement

Pour les Polonais, le XIIIème arrondissement reste surtout le lieu où est décédé Cyprian Kamil Norwid, un des plus grand poètes polonais, au couvent des soeurs de la Charité, rue de Chevaleret. Mort dans la misère la plus totale, il a été enterré anonymement dans une fosse commune, seule une plaque commémorative orne la façade du couvent où il a vécut les dernières années de sa vie, tout près de l'actuelle station de métro "Bibliothèque François Mitterrant" sur la ligne 14.
En revanche, à environ 300 mètres de là, la Ville de Paris a eu l'heureuse idée de donner son nom à un square, rue Thomas Mann. A l'entrée du square se trouve une plaque portant le nom du poète, et à l'intérieur se trouve une statue qui lui rend hommage, avec un des ses poèmes les plus célèbres en version bilingue.



Frédéric Chopin

La place Vendôme, si bien connue des Parisiens pour sa célèbre colonne réalisée à partir des canons pris aux Anglais à la bataille d'Austerlitz, est également le lieu où Frédéric Chopin est décédé, le 17 octobre 1849, à l'âge de 39 ans.
Au n°12 on peut encore aujourd'hui trouver entre deux bijouteries une discrète plaque commémorative, malheureusement sans aucune borne biographique "Histoire de Paris" comme c'est le cas pour Adam Mickiewicz.
Si l'on veut se rendre sur la tombe du grand compositeur, il faudra changer de quartier et aller jusqu'au cimetière du Père Lachaise, dans le XXème arrondissement. L'entrée la plus proche de sa tombe est celle située en face de la rue de la Roquette, qui va de la place de la Bastille jusqu'au cimetière.
Sa tombe est toujours l'une des plus fleuries du cimetière, et le 1er novembre de chaque année, nombreux sont les gens qui viennent y allumer un cierge.



Le Monument aux Polonais morts pour la France

Au cimetière Père Lachaise se trouve également le Monument aux Polonais morts pour la France. Le monument, oeuvre du sculpteur Marek Moderau, a été inauguré trés tardivement le 3 mai 2006, jour de la fête nationale polonaise. Il rend hommage à tous les Polonais morts pour la France durant les guerres napoléoniennes, durant la guerre franco-allemande de 1870-71 mais aussi pendant la Seconde Guerre Mondiale où les Polonais participèrent à la Campagne de France en 1940 puis au débarquement en Normandie en 1944. Certaines villes françaises comme Falaise, Saint-Omer ou Abbeville fûrent ainsi libérées par l'Armée polonaise.

Le Monument se trouve dans l'Allée des Combattants Etrangers Morts pour la France, près du Crématorium. Pour le trouver, le plus simple est d'entrer dans le cimetière par l'entrée située près de la station de métro Gambetta.



L'église polonaise de Paris

Pas très loin de la place Vendôme, se trouve l'église polonaise Notre-Dame_de-l'Assomption, au 263bis rue Saint-Honoré, dans le Ier arrondissement. Sous l'église se trouve un des rares restaurants polonais de Paris, et le dimanche la paroisse organise également une vente de gâteaux.
Derrière l'église se trouve une borne "Histoire de Paris" qui relate l'histoire de l'église. Il s'agit de la deuxième et dernière borne de ce type concernant l'histoire des Polonais à Paris.
Dans un tout autre quartier, place de l'Alma, on peut voir le monument dédié à Mickiewicz, du sculpteur Antoine Bourdelle. La première maquette date de 1909, mais ce n'est qu'en 1929 que le monument a été inauguré, quelques mois avant sa mort.
Six bas relief décorent la colonne du socle: Wallenrod, Les Aïeux, Aldona, Le Viel Halban, Les Captifs ainsi que Les Trois Polognes.
Dans la partie supérieure se trouve le haut relief de l'Epopée Polonaise. Quant au haut de la colonne, il est surmonté de la statue de Mickiewicz.
Enfin, non loin de ce monument, se trouve l'Institut Polonais, au 31 de la rue Jean Goujon, dans le VIIIème arrondissement. Fondé en 1979, l'Institut a pour but de promouvoir la langue et la culture polonaise en France. Il possède une petite bibliothèque d'environ 10 000 volumes, une salle de cinema où sont organisés de nombreuses retrospectives sur le cinema polonais et organise de nombreuses manifestations culturelles.
Le programme complet de l'Institut est consultable sur leur site internet www.institut.pologne.net



Le Monument aux Combattants Polonais pour la défense et la libération de la France

Dans le XVIème arrondissement, non loin de la Tour Eiffet, se trouve le Monument aux Combattants Polonais pour la défense et la libération de la France, oeuvre du sculpteur français André Greck. Inauguré en 1978, le monument représente un combattant polonais expirant, soutenu par une allégorie de la Victoire. Au pied du monument se trouve une plaque commémorative rappelant "l'attitude héroïque des Polonais dans la défense et la libération de la France".
Autre accent polonais dans le quartier, le nom même de la place qui porte le nom de la capitale de la Pologne, dans un des lieux les plus connus de Paris, entre la Tour Eiffel et le Trocadéro. La fontaine située au pied du Palais de Chaillot porte d'ailleurs nom de "Fontaine de Varsovie".

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